LA RATIFICATION À LA POUBELLE ?

Encore et encore...

 

Souvenez-vous de la proposition n° 56 du candidat François Hollande : Pour pouvoir continuer à cristalliser de multiples aspects de la pensée et de la créativité contemporaine, les langues de France doivent pouvoir bénéficier d'un statut qui garantisse leur usage et leur libre développement. C'est pourquoi je me suis engagé dans mon projet présidentiel à faire ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires

 

Le 28 janvier 2014, la proposition de loi constitutionnelle portant ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires est adoptée par l'Assemblée nationale. A la lecture de la liste des opposants, il ne fait aucun doute que leur vote contre n’est que pur élan de contradiction car, nous connaissons certains de ces élus, très présents lors de manifestations culturelles dans la plus pure tradition régionale, mais qui ont voté : NON.

 

Contre ce qui est pour ; pour ce qui est contre. Telle est la maxime immature et infantile entre les politiques de l’opposition et ceux au pouvoir. La dernière et lamentable preuve en est l’attente de la ratification du texte accepté des langues minoritaires dans notre Constitution.

 

Ce matin 17 septembre 2015, au cours des informations de 7h.-9h, une radio nationale a annoncé que dans le courant des mois de septembre/octobre 2015, le texte de Loi doit être présenté pour ratification.

 

D’ore est déjà, les observateurs toujours bien informés, assurent que la Loi ne sera pas votée par le Sénat, institution majoritaire dans l’opposition, depuis octobre 2014. (Principe de contradiction évidemment).

 

Dans ce cas, la Loi pour les langues régionales et minoritaires ne sera pas adoptée.

 

En novembre 2014, le Capoulié du Félibrige a écrit à l’ensemble des sénateurs du Midi à ce sujet.

Une proposition de loi constitutionnelle ne peut aboutir que suite à un référendum et … il n’en est pas question!

 

Monsieur François Hollande, Président de la République, a écrit le 1er juin 2015 au député Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des Lois à l’Assemblée :

«Monsieur le Président,

Vous avez attiré mon attention sur l’adoption, le 28 janvier 2014, par l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi constitutionnelle autorisant la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaire. Cette initiative parlementaire a réuni une large majorité.

Conformément à l’engagement que j’ai pris devant les Français pendant l’élection présidentielle, je souhaite que le Parlement permette la ratification de cette Charte.

C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à la Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, de préparer un projet de loi constitutionnelle ayant cet objectif.

Il sera prochainement soumis au Conseil d’État. Je souhaite qu’il soit inscrit à l’ordre du jour du Parlement dans les meilleurs délais.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

François Hollande»

 

C’est donc au moyen du Congrès que le Président a décidé de faire avancer le dossier.

 

La Journée nationale et unitaire en France pour les langues régionales du 24 octobre 2015 va prendre toute sa dimension par une manifestation pour la transmission de notre langue et de notre culture. En Bretagne, en Languedoc, en Provence et d’autres régions de métropole et d’Outre-mer, les mainteneurs réclameront un statut pour nos langues et nos pays.

 

Pour raison de Communauté européenne, combien de nos concitoyens seraient disposés à bannir leur langue maternelle pour ne parler qu’une seule langue imposée par un gouvernement européen ? Et quelle langue ? Allemand ? Espagnol ? Roumain ? Polonais ? Italien ? Finlandais ? Danois ? ou autre idiome européen, avec obligation de le parler et de l‘écrire au quotidien, en toutes circonstances, dans la vie civile, industrielle, commerciale... Distribution de punitions à qui fauterait. (C'était le cas au XIXème siècle dans les écoles du pays).

 

Et puis, pourqoi ne pas imposer qu’un seul Hymne, l’Hymne européen, éradicant bien sûr celui de chaque nation… et mettre en place d'autres uniformisations : artistique, vestimentaire, cultuelle, judiciaire,... Affabulations ? Utopie ? Pas sur… Le sujet date.

 

Retenons ces paroles de Frédéric Mistral, extraites de son discours du 21 mai 1877 :

Uno lengo es un clapas ; es uno antico foundamento ounte chasque passant a tra sa pèço d’or o d’argènt o de couire ; es un mounumen immènse ounte chasco famiho a rarreja sa pèiro, ounte chasco ciéuta a basti soun pieloun , ounte uno raço entiero a travaia de cors e d’amo pendènt de cent e de milo an.

Uno lengo, en un mot, es la revelacioun de la vido vidanto, la manifestacioun de la pensado umano, l’estrumen subre-sant di civilisacioun e lou testamen parlant di soucieta morto o vivo.

Traduction :

Une langue est un bloc ; c’est un fondement d’édifice où chaque passant a jeté sa pièce d’or, d’argent ou de cuivre ; c’est un monument immense où chaque famille a apporté sa pierre, où chaque cité a bâti son pilier ; où une race entière a travaillé de corps et d‘âme pendant des centaines et des milliers d’années.

Une langue, en un mot, est la révélation de toute une vie, la manifestation de la pensée humaine, l’instrument sacro-saint des civilisations et le testament parlant des sociétés mortes ou vivantes.

 

Sur ce point, y a-t-il une différence entre le XIXème siècle est le notre ? A la veille d’une prochaine consultation nationale pour les élections régionales, la plus grande vigilance s’impose.

 

Dans le n° 290 septembre-octobre 2015 de LOU FELIBRIGE, nous apprenons que le président de la République pense à convoquer le Congrès à Versailles en juin 2016 en vue de ratifier la Charte européenne des langues régionales.

 

A propos de la réforme des collèges, le ministère a écrit au Capoulié le 7 juin 2015 : « … L’enseignement des langues vivantes régionales au collège reste régi par la circulaire n° 2001-166 du 5 septembre 2001 sur le développement de l’enseignement des langues et cultures régionales à l’école, au collège et au lycée. S’agissant spécifiquement de l’enseignement bilingue d’une langue régionale, celui-ci reste organisé d’après les instructions pédagogiques figurant dans l’arrêté du 12 mai 2003… La réforme du collège ne remet pas en cause les dispositions de cette circulaire et de cet arrêté. Sont donc garanties l’existence des sections bilingues de langue régionale, l’existence des dispositifs bi-langues de continuité en classe de 6e et l’existence des enseignements d’initiation et de sensibilisation en classe de 6e. Ainsi, les enseignements bilingues à parité français et langues vivantes régionales continueront-ils d’exister dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. Par ailleurs, au même titre que la deuxième langue vivante, les élèves pourront apprendre une langue régionale dès la 5e et non plus à partir de la 4e comme c’est le cas aujourd’hui… ».

 

LOU CIGALOUN



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