Une Félibréenne édition cartophile.

Une Félibréenne édition cartophile marseillaise.

Voici une série de cartes postales datant des années 1930/1945.

 

Ces cartes comptent plusieurs points d’intérêt. En premier lieu, ces documents réveillent la mémoire de nos prédécesseurs dont les noms, peu à peu, s'effacent. Ces bristols vieillis permettent aussi de découvrir un visage, même s'il n'est qu'un simple dessin, de personalités qui, par leurs écrits et leurs actions, ont porté haut les valeurs du pays d'Oc. Par ailleurs, l’ensemble représente un précieux “trombinoscope” de poètes précurseurs à la renaissance provençale, des 7 Primadié bien sûr, des félibres rénovateurs et des majoraux, hommes et femmes, de la seconde génération de cette renaissance.


Autre intérêt, judicieux pour le collectionneur, la série est numérotée. Il est presque regrettable qu'elle ne soit pas plus étendue car bien d’autres acteurs de la grande mouvance culturelle du Midi méritent assurément cette forme d’ “immortalité”.


L’éditeur de cette émission cartophile s’appelait Antoine CONIO. Né à Marseille le 11 septembre 1878, décédé dans sa ville natale, en 1947, fils d’un fatigon de la savonnerie marseillaise, il fut typographe, chef de bureau à la mairie et bibliothécaire de la ville. Passionné par l’Histoire de sa Cité, il en déchiffra les archives des XIIème et XIIIème siècles.


Ralliant assez tôt le mouvement félibréen dans lequel il prend une part des plus actives, Antòni Conio est proclamé Mèstre en Gai-Sabé le 13 mai 1921 et nommé Majoural dóu Felibrige en 1927, à la Cigalo dóu Trelus o de Saint Maime, succédant à Victor Lieutaud (1844-1926), le premier détenteur en 1876. Il fut fondateur et directeur de nombreuses revues et lauréat de l'Académie des Jeux floraux.
Avec son ami Georges Reboul (1901-1993), un autre grand nom du Félibrige marseillais, Antoine Conio est co-fondateur, en 1925, de l’association Lou Calèn. La même année, Reboul est co-fondateur de l’Amistanço dei joueine et préside l’Amistanço dei troubaire marsihès.
De 1928 à 1937, Antoine Conio est directeur de la seconde série de l’Armana marsihés. En ancien typographe, il compose lui-même sa publication - s’inspirant de l’Armana marsihés de 1888 d’Auguste Marin (1860-1904) - et fonde le journal l’Araire qui paraît de 1937 à 1939.
De son œuvre on peut évoquer : Lou Dragoun en Prouvènço, Aissai d’històri legendàri en 1920 ; Pèire Puget vo Marsiho souto Louis XIV en 1928 ; Un troubaire marsilhès : Pèire Bellot en 1929 ; Tres vielhs procès marsilhès en 1933... et des articles dans des publications diverses.

 

Pour réaliser cette série de cartes postales, Antoine Conio a fait appel à des amis illustrateurs : Vic Daumas, Valentin, Paret, André Jourdan, Clovis Roques mais aussi à son frère, Jean-Baptiste Conio, tonnelier de son état et artiste peintre de qualité, que l’on vit parmi ceux du Quai de Rive-Neuve.
L’artiste J.-B. Conio, qui fut aussi félibre mainteneur à partir de 1927, signe là une douzaine de portraits pour illustrer la collection cartophile éditée par son frère.

 

EDITION EN PLUSIEURS ETAPES.
La numérotation de la série est une aide précieuse pour qui souhaite la collectionner et la classer. Mais avec un peu d’attention on remarque que cette édition n’a probablement pas été faite en une seule émission, mais en six.
En effet, du N° 1 à N° 12, les félibres présentés le sont dans l'ordre alphabétique de leur NOM.
Cette présentation se répète du N° 13 au N° 24. Celle du N° 25 au N° 36 ne présente que des felibresso. Viennent ensuite les cartes  N° 37 au N° 48.
La carte N° 49, Antonin Perbosc, rompt la logique d'édition. A-t-elle fait l’objet d’un tirage à part, en 1944, année de sa mort, pour rendre hommage à ce Majoral des plus actifs de sa génération ?
Du N° 50 au N° 60, le suivi alphabétique est repris, alors que le N° 61, Alphonse Martin, vient jouer les “trouble fête”. Ne croyant certainement pas le précéder d'un an au paradis des poètes de lengo nostre, Antòni Conio a peut-être pensé qu'il fallait rendre hommage a ce fidèle artisan de la Cause. Alphonse Martin décédait en 1948, à 80 ans.
La série se termine de nouveau alphabétiquement, du N° 62 au N° 72.
La présentation colorée ci-dessous peut “adouber”cette réflexion.
    

   

Bien que pas très fréquentes, on trouve parfois ces cartes enrichies d'un envoi de celui qui l'illustre. Cela en fait une plus value et un plaisir pour le collectionneur. Jòrgi Reboul en fut un fidèle utilisateur pour ses courtes correspondances.

 

O + O + O

 

   



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