Gounod - un buste centenaire

Le charme de la petite ville de Saint Rémy de Provence n’est pas d’hier. L’antique site de Glanum et les admirables monuments des Antiques s’en font témoins.

 

Ce samedi 6 septembre 1913, à 3 heures de l’après-midi, l'accueillante cité offre son hospitalité à un aréopage de notables et tout un peuple réunis autour du poète provençal Frédéric Mistral.

 

Cinquante ans auparavant, le musicien compositeur Charles Gounod séjournait à Saint Rémy où il composait l’essentiel de l’opéra Mireille, d’après le poème de Frédéric Mistral.

 

En noble souvenir de ce séjour et de l’œuvre musicale, ce 6 septembre 1913, le peuple de Provence, envahit la Place de la République (ancienne Place d’Armes), pour un vibrant hommage à la mémoire du musicien en lui élevant un buste à son image. Comme il se doit, le monument est inauguré par des discours, des intermèdes chantés par des acteurs de l’Opéra et de l’Opéra-Comique de Paris, accompagnés de la Musique des Equipages de la Flotte.

 

Le sculpteur.

Le buste fut façonné par le sculpteur et peintre Marius Jean Antonin Mercié, né à Toulouse le 30 octobre 1845 et mort à Paris le 13 décembre 1916, dit Antonin MERCIE. Parmi ses nombreuses œuvres, le statuaire a réalisé la célèbre Mireille élevée sur une place des Saintes Maries de la mer (voir article : une belle centenaire), ainsi que le tombeau de Caroline Miolan Carvalho, créatrice du rôle de Mireille à l’opéra.

 

Le fondeur.

Le bronze sort de la célèbre fonderie Alexis RUDIER (18??-1897), dirigée en 1913 par le fils, Eugène Rudier (1875-1952). Créée en 1874, rue Charlot à Paris, la fonderie se déplace en 1880, au 45, rue de Saintonge, dans le quartier du Marais. Elle y reste jusqu'en 1934, année de son déplacement à Malakoff dans la banlieue sud de Paris pour cesser avec le décès d’Eugène Rudier. La fonderie Alexis Rudier a réalisé quelques-uns des plus beaux bronzes du XIXe siècle et du XXe siècle, notamment de nombreuses œuvres de Rodin.

 

Le monument.

Portant le buste de Gounod, un obélisque en marbre de Carrare présente en façade cette simple gravure : 

GOUNOD

1816-1893   

 

Au centre de la place de la République se trouve déjà un bassin circulaire agrémenté d’une fontaine, ensemble visible sur des cartes postales de 1905-06 et, au  sud, la Croix du Jubilé, érigée en 1827 à l'occasion de la consécration de l'église reconstruite. La maison de Dieu s'était écroulée dans la nuit du 29 août 1818, laissant uniquement le clocher du XIVe siècle.

 

A son inauguration, le buste Charles Gounod s’élève entre le bassin et la Croix. Combien de temps resta-t-il à cet emplacement ? Peu, semble-t-il, car aucune carte postale éditée entre 1913 et 1920 montre la Place agrémentée du monument Gounod.

 

 

 

Le 21 mai 1921, la ville inaugure sur la partie Nord de la place un émouvant Monument aux Morts victimes de la guerre de 1914-1918, œuvre de Madame Clara Saint René Taillandier née Dagmar Swayne (1864-1955), l’épouse, en 1890, de Gabriel Saint René Taillandier,

Musicien, compositeur classique (1861-1931).

 

Est-ce avant, ou à cette époque, pour parfaire la perspective entre le Monument aux Morts, la fontaine et la Croix, que le monument Gounod est déplacé ?

 

 

Toujours dans ces années 1919-1920, au nord du jardinet, clos de murs, de l’ancienne chapelle N.D. de Pitié, s’étend un petit terre-plein au bout duquel, l’avenue Vincent Van Gogh se partage pour former à gauche l’avenue Durand Maillane et à droite l’Avenue Pasteur.

 

C’est là que le buste trouve son nouvel emplacement, juché sur son obélisque porteur d’une nouvelle gravure.

 

Les dates de vie du musicien (1816-1893) sont remplacées par celles du cinquantenaire de son séjour saint rémigeois (1863-1913). Une grille en fer forgé entoure le sobre monument.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par succession de divers aménagements importants, les murs du jardinet sont détruits, faisant place à un petit square arboré. La grille disparaît, remplacée par un massif de fleurs au milieu desquelles s’élève fièrement le monument Gounod, tel que l’on peut le contempler aujourd’hui… Jardin Charles Gounod à partir du 19 mai 2013.

 

 

 

 

 

Inscriptions sur l'obélisque en marbre.

 

Sous le buste :

 

1863-1913 

CHARLES GOUNOD

_________________

 

SES ADMIRATEURS

_________________

 

OFFERT PAR

SOUSCRIPTION

 

A l’arrière :

 

INAUGURE

LE 6 SEPTEMBRE 1913

PAR LEON BERARD

DEPUTE

AUX BEAUX-ARTS

FREDERIC  MISTRAL

Mlle MARGE  PRIOLO,

REINE DU FELIBRIGE

JEAN GOUNOD

ET DIVERSES

PERSONNALITES

ARTISTIQUES

LITTERAIRES

 MUSICALES

_________________

 

R  TOURTET 

CONSEILLER GENERAL

MAIRE DE ST REMY

ANTOINE BLAIN

PRESIDENT DU COMITE

 

Côté droit en regardant le buste de face :

 

MARBRE DES CARRIÈRES

DE CARRARE OFFERT PAR

Mr  STEPHANE DERVILLE,

REGENT DE LA BANQUE DE FRANCE,

PRESIDENT DE LA CIE

DES CHEMINS DE FER DU PLM

 

Côté gauche, ce quatrain :

 

MIRÈIO UN BÈU MATIN CANTAVO

MESTE GOUNOD QUE L’ESCOUTAVO

A PRENGUE SA CANSOUN DE COR

E DESEMPIEI CANTON D’ACORD

                                           F. MISTRAL

 

phot. CDCFM-avril 2013

 

En cette année 2013, en commémoration de son centenaire, le buste Charles Gounod érigé à Saint Rémy de Provence méritait bien l’hommage de ces quelques lignes.

 

Illustrations extraites des archives et collections du.CDCFM.

 

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