Mirèio et ses médailleurs.

Après la brève étude sur les médailles à l’effigie de Frédéric Mistral, il nous semblait normal de faire une suite avec les médailles à l’effigie de Mirèio. Essai d’autant plus évident, que cette année 2013 marque le 150ème anniversaire de la composition de la partition de Mireille par Charles Gounod.

 

Si dès 1859, les peintres puis les sculpteurs, immortalisent Mireille, ce n’est qu’après plusieurs décennies que paraît la première médaille “Mireille”. Sauf erreur, il semble que trois créations seulement furent réalisées du vivant du poète. A ce jour, nous connaissons un total de 7 médailles différentes, que voici :

 

1903 - La première médaille, à l’image de la jeune et belle héroïne provençale, voit le jour sous les ciselets du sculpteur médailleur brestois Ferdinand Gilbault, (1837-1926). Montée en broche, en argent massif (sauf l'épingle), la médaille porte 2 poinçons : tête de sanglier et poinçon de maître orfèvre illisible, plus les initiales CL, sans doute celles du fondeur. La remise de ce bijou et d’un diplôme dessiné par Léo Leléese fit le 17 mai 1903, dans une étroite salle de l’ancien Muséon arlaten, au deuxième étage du Tribunal de Commerce, à Arles. 28 demoiselles, entouraient Frédéric Mistral. L’année suivante, le 4 avril 1904, lors de la deuxième Fèsto Vierginenco, au théâtre antique d’Arles, plus de 300 « Chato ». étaient réunies pour recevoir le beau diplôme et la précieuse médaille des mains du Maître.

 

1906 - Cette nouvelle médaille rendant hommage à Mireille et à son poète a pour principal promoteur l’industriel Angélo Mariani, mécène et ami de F. Mistral. L’artiste graveur s’appelle GeorgesDupré (1869-1909), fils et petit-fils de graveurs, dont l’excellence de son art le classera parmi l’un des plus grands médailleurs français de son époque.

Emise en bronze 65 x 55 mm de forme dite “roman”, on lit sur l’avers : A Frederi Mistral ses amis ses admirateurs. Sur le revers, le graveur présente “Mireille” marchant vers les Saintes-Maries-de-la-Mer. A l’horizon se détache l’Eglise sanctuaire. Dans le ciel ensoleillé cet extrait du Chant X de Mirèio :

OSanti Mario - Que poudès en flour - Chanja nòsti plour!

(Oh Saintes Maries, - Qui pouvez en fleurs - Changer nos pleurs !)

A la découverte de la plaquette, F. Mistral fait part de son enchantement à l’ami Angélo Mariani et, à Jeanne de Flandreysy, il écrit : “Je la trouve admirablement réussie ; c’est la plus belle chose qu’un artiste ait faite pour la gloire d’Arles et de son poète, car, outre l’excellence du portrait de ce dernier, il y a au revers une Mireille courant aux Saintes-Maries absolument exquise. On ne fera rien de mieux en l’honneur de mon héroïne”.

 

1913 - Entre 1903 et 1913, pour diverses mauvaises raisons, il n’y a plus de Festo Vierginenco dans la ville d'Arles. Ce n’est que le 15 juin 1913 que la juste tradition revit. Pour cette 3ème édition, une nouvelle médaille, portant sur l’avers le profil droit de Mireille et au revers la mention « Festo Vierginenco », fait son apparition en bronze doré.

Sa réalisation est de Carrié et Perrier (?).

 

 

 

 

1954 - Santonnier à Saumane-de-Vaucluse dès 1929, mais aussi félibre, JosephMontagard (1900-1992) créée en commémoration du « Centenaire du Félibrige » (1954), deux médailles : l’une représente F. Mistral, la seconde un profil droit de Mirèio autour duquel : Lou gai soulèu L’aviè’spelido.

Fidèle à sa technique, J. Montagard a délicatement façonné les médailles d’un diamètre de 95 mm, en terre crue, séchées au soleil puis patinées.

 

 

 

 

 

 

1959 - Nîmois de naissance, sculpteur et médailleur, Marcel Courbier (1898-1976) réalise en 1959, une médaille à l’occasion du centenaire de Mireille. Cette médaille de 68 mm de diamètre est émise dans la collection générale la Monnaie de Paris, en bronze et en argent. Sous un éclatant soleil Mireille se dirige vers l’église des Saintes Maries. Au revers, une barque portant les Saintes au dessus desquelles ces vers : Canto uno chato de Prouvènço  du Chant I et, sous la barque : OSanti Mario - Que poudès en flour - Chanja nòsti plour! du Chant X.

 

 

 

 

1982 - En «Hommage à Frédéric Mistral auteur de MIREILLE (1859)» René Mérelle. (1903?-1990) ciselle une nouvelle médaille Mireille, émise par la Monnaie de Paris, éditée dans la collection du Club Français de la Médaille. Réalisée en cuivre, d’un diamètre de 80 mm, diffusée seulement à 100 exemplaires numérotés et millésimés sur tranche, cette médaille Mireille reste probablement la plus rare dans le thème. Ici, n° 30/100.

 

 

 

 

 

 

2009 - Enfin, la dernière médaille Mireille réalisée, fut celle de 2009, en commémoration du Cent cinquantenaire du poème Mirèio. Cette jolie pièce en bronze orfèvrerie, de 70 mm de diamètre et de 5 mm d’épaisseur, au graphisme moderne, fut éditée en 2D par le Félibrige. Elle se présente dans un écrin soigné et devient un souvenir attachant pour les mainteneurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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